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Regina - Une salle paroissiale, mais pas d'église

Le successeur du père Hercule Paradis, O.F.M., aux destinées de la paroisse St-Jean-Baptiste de Regina, sut redonner un regain d'activités à la paroisse nationale française de la capitale de la Saskatchewan, qui comptait maintenant plus d'une demi-douzaine d'organismes paroissiaux. On y retrouvait notamment M. Léonard Béchard en qualité de Grand Chevalier du Conseil Langevin No 4280 des Chevaliers de Colomb de Regina: M. René Colette à la présidence de la section locale de l'ACFC, Madame G. Paradis, à celle des Dames de l'Autel; et Raymond Langlais était à la tête du Club des Jeunes, et le nouveau curé, le père Ildefonse Riopel, O.F.M., de son côté, présidait le comité de la bibliothèque; Jacques Perreault dirigeait l'équipe liturgique et M. Raoul Langlais assumait la gérance de la Caisse Populaire française de Regina, Limitée. Quant à la Commission scolaire de l'Ecole Mathieu, qui était, rappelons-le, une école privée, elle était présidée par le Dr André Lizaire, dentiste. maintenant à Edmonton. (1) Deux autres comités, celui du Centenaire, présidé par M. Louis Laurent Béchard, et le comité de Construction, présidé par M. Léo Lirette, furent très actifs au cours des deux années passées par le R.P. Riopel en tant que curé de la paroisse St-Jean-Baptiste de Regina.
«Lorsque le bon Père Riopel céda le gouvernail de la paroisse à son successeur, le R.P. Marius Bédard, O.F.M., à l'été 1967, il était complètement épuisé.» (2)

Le père Riopel et le Conseil des syndics avaient uni leurs efforts, dès l'automne 1965 afin de poursuivre l'épanouissement de la paroisse, et avaient chargé le comité de Construction de procéder à une enquête approfondie sur les possibilités de réaliser la 2e phase du projet de construction de la paroisse, entrepris en 1961, c'est-à-dire de construire une église, comme telle, sur le terrain du centre paroissial. Cette enquête fut entreprise par M. Léo Lirette, alors président du comité de Construction, par M. Paul Rousseau, l'actuel ministre de l'Industrie et du Commerce dans le gouvernement conservateur de M. Grant Devine, et ancien Grand Chevalier du Conseil Langevin des Chevaliers de Colomb, et par M. Norman Pelletier, devenu plus tard président du Conseil des syndics de la paroisse; elle fut terminée en décembre 1965, mais conclus à l'impossibilité d'entreprendre la construction d'une église avant que la dette contractée par la paroisse pour la construction du Centre Social ne soit entièrement remboursée, et que des fonds suffisants aient pu être réunis pour mettre en chantier une telle construction. (3)

Avec le recul du temps, et tout spécialement à la suite du bref pontificat de Jean XXIII, caractérisé par «L'aggiornamento», ou mise à jour de l'Église romaine, et du second concile du Vatican, on comprend mieux aujourd'hui que le Seigneur puisse se contenter, pour être honoré, d'un simple lieu de rencontre tel celui qui sert aux exercices du culte à la paroisse St-Jean-Baptiste de Regina; que les cathédrales somptueuses, si même elles ont eu leur raison d'être, et traduit la ferveur deja Foi au cours des siècles passés, sont souvent vues aussi dans notre monde contemporain, aux prises avec de très graves problèmes de misère et de chômage, comme des symboles de richesse qui heurtent la dignité des défavorisés.

Et en fait, plus personne aujourd'hui, ne parle de bâtir une église, distincte du Centre social St-Jean-Baptiste, et personne non plus ne doute que le Seigneur n'y soit honoré et adoré avec toute la dignité et le respect qui lui sont dûs. - . -

Bientôt, la reunion annuelle de la paroisse fut convoquée avec l'arrivée de l'année 1966; elle eut lieu en février, et M. René Béchard y fut élu syndic en remplacement de M. Norman Pelletier, sortant de charge.

L'année 1966 fut remarquablement mise à profit par le Conseil des syndics pour aménager la salle paroissiale de manière à l'adapter, davantage aux activités communes des paroissiens. La bonne volonté, l'habileté et le talent de Messieurs René Béchard, Albert Dubé et René Colette, notamment, aboutirent ainsi à faire de cette salle un endroit de rencontre idéal, tout autant pour l'exercice du culte, que pour diverses activités sociales, la tenue de congrès, etc. (4)

Entre-temps, la préparation de l'année du centenaire fut ainsi pour tous les paroissiens, et non seulement pour les syndics, une année d'activités intenses. M.Léo Lirette nous en parle en ces termes: «L'année du Centenaire s'ouvrit d'une manière féerique et plutôt enivrante pour la population du Canada, mais surtout pour les Canadiens d'expression française, dont la patience et la persévérance avaient permis l'avènement de cette célébration, quoi qu'en diront les historiens futurs. Toute l'année fut très joyeuse et très mouvementée au sein de la paroisse aussi bien qu'au dehors.» (5)

René Rottiers
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(1) Récit Historique. Léo Lirette, p. 52-54.
(2) Ibid., p. 52-54.
(3) Ibid., p. 52-54.
(4) Ibid., p. 52-54.
(5) Ibid., p. 52-54.





 
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