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Des mots

Hauler

Après quelques semaines de retard, les fermiers ont enfin pu reprendre les travaux des moissons au cours des derniers jours et, même si la qualité du grain a souffert de trop d'humidité, tous étaient contents de voir le beau temps revenir. La saison des combinages est la plus importante, sinon la plus excitante, de l'année. C'est à ce temps-ci de l'année que les femmes d'agriculteurs sortent les marmites, les lichefripes, les plâts à salade et tous les autres pataclans qu'on utilise pour préparer des gros repas. C'est le temps de l'année où les femmes d'agriculteurs se pressent pour apporter des bons repas aux hommes dans le champ.

Le terme lichefripe était utilisé chez-nous durant ma jeunesse. Il devrait plutôt s'agir de lèchefrite, l'ustensile de cuisine placé sous la broche pour recevoir la graisse et le jus qui dégouttent de la viande mise à rôtir. La lichefripe était aussi utilisée pour faire cuire le pain.

En ce qui concerne les plâts à salade, l'abbé Étienne Blanchard, dans son Dictionnaire du bon langage, suggère de remplacer plât à salade par le mot saladier. Toutefois, selon le Petit Robert, plât est une pièce de vaisselle plus grande que l'assiette, dans laquelle on sert les mets à la table. Donc, le terme plât à salade n'est pas faux.

Le terme pataclan était utilisé chez-nous pour décrire les objets dont nous ne pouvions pas penser au terme juste rapidement. Par exemple, on pouvait demander à quelqu'un d'aller nous chercher tel ou tel pataclan sur la table dans le coin. J'ai trouvé deux définitions pour ce mot. Dans le Dictionnaire de la langue québécoise, Léandre Bergeron nous propose comme définition: «pataclan: n.m. – bataclan. – Tapage.» Le Petit Robert offre la définition suivante pour le terme «bataclan: n.m. (1761) Familiale. Attirail, équipage embarrassant. Et tout le bataclan (et tout le reste).»

D'autre part, l'abbé Blanchard nous suggère d'aller voir le mot drigaille pour connaître le sens du mot pataclan. Dans son Dictionnaire du bon langage on lit: «drigaille – apporter son drigaille, c'est-à-dire ses nippes, ses effets, son matériel de ferme, ses frusques.»

Dans les deux cas, pataclan est utilisé pour identifier quelque chose dont on ne peut penser au terme rapidement.

Le rôle de la fermière de nos jours n'est plus limité à préparer les repas. Aujourd'hui, il est courant que la femme aide son mari à faire les travaux des moissons. Si le fermier ne veut pas aboutir avec un encanteur (un commissaire-priseur selon l'abbé Blanchard) dans sa cour, il doit réduire ses coûts d'opération et c'est souvent sa femme qui va aider au lieu de l'homme engagé. C'est elle qui va hauler ou transporter le grain du champ aux graineries. Hauler vient de l'anglais «to haul».

Parfois, comme cette année, alors que le fermier bat son grain lorsqu'il est toujours un peu humide, c'est la femme qui sera chargée de faire marcher le dryer ou le séchoir à grain pour éviter que la récolte prenne en pain.





 
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