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Des lieux

Glentworth

Un bout d'histoire (222)

Glentworth, Sask. Mademoiselle Médèle Perreault, soeur de Mme Lizée, est en visite ces jours-ci chez son beau-frère et sa soeur. Elle trouve le pays un magnifique pays d'avenir. Sans doute, dit-elle, au point de vue beauté de site, cela ne vaut pas Batiscan, ni les bords du St-Laurent; mais l'hiver est délicieux; presque toujours un beau ciel bleu. Il fait froid, mais on souffre moins du froid que dans l'Est, à température égale.

Le Patriote de l'Ouest
le 6 janvier 1916


Dans la colonisation de l'Ouest canadien, l'emplacement des villages n'avait généralement rien à voir avec la volonté des colons mais plutôt les manigances des compagnies de chemin de fer. Dans le passé, il a été question de nombreux villages qui ont dû déménager pour se rapprocher de la gare du Canadien Pacifique, ou celle du Canadian Northern ou encore celle du Grand Tronc Pacifique. C'est le cas de Laflèche, Marcelin, Domrémy et bien d'autres.

Il arrivait aussi que de nouveaux villages prenaient forme près des gares du chemin de fer et sonnaient le coup de grâce à des villages déjà établis, comme a été le cas de Notre-Dame d'Auvergne, qui est devenu Ponteix après le déménagement.

C'est aussi ce qui est arrivé dans la région de la Montagne des Bois. En 1928, la compagnie du Canadien Pacifique a décidé de bâtir une ligne allant d'Assiniboia à Wood Mountain à Mankota dans l'extrême sud de la province. Cette décision, tout en faisant la joie des colons dans cette région, allait bouleverser plusieurs communautés francophones, dont Ferland, Milly et Plessis. Alors que Ferland a déménagé pour survivre, les communautés de Milly et Plessis ont disparu pour faire place à de nouveaux villages à McCord et à Glentworth.

La paroisse Saint-Joseph à Glentworth, située quelques kilomètres à l'est de Ferland, doit son existence à trois missions catholiques qui desservaient la population catholique de la région avant la fondation du village en 1928.

La première mission avait été fondée en 1911 à Milly par l'abbé Jules Bois, curé de Meyronne. Le printemps précédent, plusieurs familles canadiennes-françaises étaient venues s'établir dans la région. Parmi ces familles, il y avait celles de Joseph Nogue, Henri Séguin, Henri Montpetit, Zénophile Massé, Georges Massé et Armand Massé. «Désirant s'établir près d'un cours d'eau, ils optèrent pour des terres près de Rivière des Bois, au sud de ce qui est McCord aujourd'hui.»(1)

L'église Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus à Plessis a été construite entre 1914 et 1916 par l'abbé Émile Dubois, curé de Laflèche. Plessis était alors situé 8 kilomètres au nord de Fir Mountain. Les pionniers francophones à Plessis étaient Pierre Fiset, Auguste et Thomas Jalbert, Jos Chorel, Jos Pratte, Arthur Rivard, Alex Jan, Honoré Dumélie, Eugène et Pierre Bertrand, Jos Hubert, Jos Milot, Oscar et Albert Daoust, Ludger Dumont, Georges et Antoine Morin, Honoré Laprise, Henri Beaudoin, Louis Pinsonneault, Hervé Geoffrion et Raymond Rivière.

Enfin, en 1917, l'abbé Jules Bois a fondé la mission de Saint-Marcel, environ 13 kilomètres au nord-ouest de Glentworth.

Mais lorsque le Canadien Pacifique a construit sa ligne de chemin de fer à Glentworth, en 1928, l'avenir des trois missions a été remis en question.

La première à disparaître a été celle de Milly. Un nouveau village, McCord, a été fondé quelques kilomètres au nord près de la ligne ferroviaire. Les gens de Milly ont demandé que leur église soit déménagée dans ce village, mais puisque Milly et McCord se trouvaient à mi-chemin entre Glentworth et Ferland, l'évêque du nouveau diocèse de Gravelbourg a refusé cette demande et Milly a cessé d'exister. L'église de Milly a été déménagée à Glentworth.

Parmi les francophones qui vivaient alors à Glentworth, mentionnons Jos et Amédée Lagacé, Jos Alix, Augustin Lemieux, Azarias, Anthyme, Napoléon et Édouard Roy, Isaïe, Origène, Willie et Hubert Ducharme, Édouard Tétreault, Noël et Jos Fournier, Henri Dion, Jos Lavergne, Ernest Lavoie, Sylva Choquette, Arthur Daigle, Armand Lizée et le docteur P. E. Lavoie.

Si l'église Saint-Joseph de Milly a fermé ses portes dès 1929, ce n'est pas le cas des deux autres églises. L'église Sainte-Thérèse à Plessis a continué à desserivir la population catholique de la région jusqu'en 1954. Lorsque la mission a cessé d'exister, l'église a été déménagée à Wood Mountain. Un incendie a détruit l'église Saint-Marcel le 9 juillet 1954 lorsqu'elle a été frappée par un éclair. On a alors décidé de ne pas rebâtir.

La venue du chemin de fer en 1928 a complètement transformé la composition de la région de Glentworth et a mené à la disparition de Milly et de Plessis. Aujourd'hui, c'est seulement dans les souvenirs des pionniers que l'on retrouve des traces de ces deux petites communautés d'antan.

(1) Chabot, abbé Adrien, Aperçu historique de Ferland, Sask., Gravelbourg: Diocèse de Gravelbourg, 1960, p. 13.

Sources
Chabot, abbé Adrien, Aperçu historique de Ferland, Sask., Gravelbourg: Diocèse de Gravelbourg, 1960.

Golden Jubilee-Jubilé d'or, 1929-1979, Saint-Joseph-Glentworth, Sask., Gravelbourg: Star Publications, 1979.





 
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