Clément BézaireLe sol vierge des Prairies était extraordinairement fertile et les premières récoltes de blé ont dépassé 80 minots à l'acre par endroits. Mais avant de mettre en terre les premières semences de blé, il fallait d'abord casser la couche résistante des racines enchevêtrées des herbes de la prairie et ameublir ces labours grossiers avec une herse à disques. C'était un travail pénible et lent. Puisque la terre ne rapportait encore rien, le colon moins fortuné se mettait en quête d'un emploi lorsqu'il n'était pas occupé au cassage. C'est ce qu'explique un pionnier de la région de Tessier, M. Clément Bézaire, dans des notes écrites au dos d'un calendrier et retrouvées après son décès. | Regina - Les Chevaliers de ColombLa première organisation paroissiale masculine qui fut fondée à Regina fut le Conseil Langevin No 4280 des Chevaliers de Colomb. Le Conseil honorait ainsi le glorieux successeur du premier et vénérable archevêque de Saint-Boniface, Mgr Alexandre-Antonin Taché, Oblat de Marie Immaculée, qui à l'âge de 71 ans avait rendu son âme à Dieu le 22 juin 1894, un peu après 6 heures du matin. (1) S. Exc. Mgr Louis-Philippe Adélard Langevin, lui aussi Oblat, méritait bien que les Chevaliers de Colomb, organisme dévoué à la défense de l'Eglise, honore la mémoire du grand archevê-que qui pendant une vingtaine d'années, du 8 janvier 1895 au 15 juin 1915 avait aussi été le défenseur par excellence de l'Eglise de l'Ouest canadien, et le «Grand Blessé» des luttes scolaires, comme l'avait écrit Mgr P.-E. Roy: «Il est mort, mort de ses blessures, le grand blessé.» (2) Grand évêque, grand patriote, homme d'oeuvres et homme de Dieu, sa vie a été de la même trempe que l'idéal proposé aux Chevaliers de Colomb, et que son ancien condisciple, Mgr Bruchesi résumait à l'occasion de ses funérailles en disant que ion collègue «a été le chevalier sans peur, combattant pour la cause de la justice et du droit. L'école telle que le droit naturel la veut, et telle que l'Eglise catholique la conçoit, n'a trouvé nulle part de plus vaillant, de plus inlassable défenseur.» (3) Mgr Langevin, par ailleurs proche-parent de l'un des Pères de la Confédération, Sir Hector Langevin, avait aussi été un bâtisseur infatigable puisqu'en vingt années il organisa 48 nouvelles paroisses dans l'archidiocèse de Saint-Boniface et trente-trois dans le diocèse de Regina pendant qu'il en avait encore la direction, (4) | Les évêques du Québec (et la colonisation du Manitoba et de l'Ouest canadien)La colonisation du Manitoba et de l'Ouest canadien Au lendemain de la création de la province du Manitoba, le problème le plus important qui se posa fut celui de la colonisation. Les autorités religieuses de Saint-Boniface, Monseigneur Taché et ses prêtres et missionnaires, voyaient avec une anxiété croissante se transformer le pays par l'arrivée de nuages de colons, venus surtout de l'Ontario. Une seule solution s'imposait: il fallait attirer vers le Manitoba autant de colons de langue française et de foi catholique que possible et cela dans le plus bref délai. Au printemps de 1871 M. l'abbé Georges Dugas, alors curé de la cathédrale de Saint-Boniface, fit un voyage à Québec pour entrevoir l'hon. Georges-Étienne Cartier et le prier d'aider à diriger le mouvement de colonisation vers le Manitoba. Monseigneur Taché, lui-même, un peu plus tard se rendit dans l'Est et entrevit les évêques du Québec, les suppliant d'intervenir dans le même but. Les évêques consentirent à adresser une lettre collective à leur clergé et Monseigneur Taché fut chargé de composer cette lettre. |
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